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L’ é g l i s e   e n   c h a n t i e r

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des photos du chantier en cliquant ici             tout sur le remplacement des vitraux ici

Prix du Patrimoine                                                                                                                                                                                                                  
Le chantier de la rénovation intérieure de l’église a été une opération de longue haleine, voire de très longue haleine si l’on considère les années de préparation des dossiers.

L’intérêt patrimonial de notre église, reconnu par les « Monuments Historiques », exige à ce titre des procédures lourdes dès lors que l’on entreprend des travaux dans ce bâtiment, propriété communale. En outre, il nous fallu limiter l’appel d’offres à des entreprises dont les capacités de rénovation de patrimoine historique soit officiellement établies.

On se rappellera les soucis d’obtention du permis de construire.

Une chaufferie était prévue, qui aurait été enterrée à l’extérieur de l’église. L’obtention du permis de construire - en l’espèce permis « de creuser » - était subordonnée à l’avis des archéologues… pourtant placés dans l’incapacité de dégager du temps et des moyens pour venir sur place sonder l’intérêt de fouilles archéologiques ! Blocage.

Nous avons donc fini par enterrer… le projet de local chaufferie, et présenter à l’Architecte des Bâtiments de France un système de chauffage « radiant ». Refusé pour des raisons esthétiques, au profit de planchers chauffants.

Il était financièrement impératif que le chantier se termine en 2003, en rapport avec les engagements d’un « contrat triennal » avec le département, qui a financé les travaux à hauteur de 70% (détails dans les comptes rendus de Conseil Municipal).

Par ailleurs, notre architecte, André Bonneyrat, associé à la préparation technique du projet depuis longtemps, comptait prendre sa retraite à la fin de ce chantier !

Les travaux ont donc débutés en mai, pour se terminer début décembre, au rythme immuable d’une réunion de chantier par semaine : j’en remercie les protagonistes, dont l’assiduité a finalement rarement été prise en défaut. Saluons donc :

Ce fut, de l’avis général je crois, un « beau et bon » chantier, intéressant, mené dans une ambiance sympathique.

A l’extérieur du chantier, les commentaires des curieux étaient souvent chaleureux, parfois dubitatifs, toujours enrichissants.

Au fil des réalisations et des explications, je crois que chacun a pu mesurer la pertinence des solutions retenues sous le contrôle et selon les exigences de l’Architecte des Bâtiments de France.

Reste en effet que d’autres choix étaient tout aussi légitimes, selon d’autres priorités définies là encore par l’Architecte des Bâtiments de France, et aussi entraînant peut-être d’autres coûts… (le chantier global, extérieur + intérieur de l’église, aura coûté « 10 000 F. » (1500 €) par habitant… réjouissons-nous du système de redistribution des richesses départementales (subventions à hauteur de 70%) et des richesses nationales (dotations aux collectivités locales, hélas désormais revues à la baisse…). Il faut aussi noter qu’une partie des opérations à été prise en charge bénévolement par des paroissiens (dépose des statues, menus travaux, petits imprévus, nettoyages,…).

Le principe de restauration reposait sur le constat d’un chœur roman préservé, au contraire d’une nef profondément modifiée au XIXème siècle.

En effet, pour agrandissement, des piliers intérieurs ont été construits à hauteur des anciens murs extérieurs de l’édifice roman, pour l’ajout de bas-côtés.

A cette occasion, de faux-arcs - une fausse voûte - sont apparus, avec de faux-appareillages, généralement décriés, au point d’avoir souvent disparus lors de restaurations, privant les générations à venir de ces témoignages des pratiques architecturale du XIXème. C’est là la raison invoquée par M. Franceschini pour restaurer à l’identique ces faux-appareillages, dessins simulant des arcs en pierre taillée.

Tellement à l’identique que lorsque l’ABF a fait remarquer un tracé illogique à M. Geoffray, celui-ci a fait valoir avec raison que l’erreur était celle de la réalisation d’origine ! (on peut s’amuser à la chercher… dans le bas-côté nord !).

Il faut savoir que les maçons, avant la pose des enduits qui allaient tout masquer, avaient marqué chaque angle de ces fausses pierres par une pointe : des dizaines de milliers de petits coups de marteaux !

Ils ont, après la pose de l’enduit, tiré des lignes droites entre ces pointes, le long d’une petite règle, avec un petit pinceau… Mais comment recharger son pinceau sans lâcher la règle maintenue contre la voûte ? Grâce à un petit godet fixé au cou du peintre au moyen d’un lacet !

Il faut se rappeler aussi le nettoyage des chapiteaux des piliers à la brosse à dents…


Un autre moment de bravoure a été celui concernant le « ciel » (la voûte au-dessus du chœur, sous le clocher).

Le choix de la nuance exacte d’abord, moment délicat, essais multiples, longues observations, commentaires contradictoires, recherche laborieuse sous différents éclairages d’un compromis entre les sensibilités, impressions, sentiments, intuitions de chacun (éviter le « bleu-piscine » !). Mêmes prises de tête d’ailleurs pour les différents tons d’enduits muraux, la couleur des tracés de faux-appareillages, des piliers, des voûtes, et des tons de bois du sas, des bancs, du confessionnal, des menuiseries.

Précisons ici que les enduits « à l’ancienne » ne correspondent pas toujours aux goûts actuels, qui voudraient un rendu parfaitement lisse et homogène. Il faut donc accepter les traces, d’humidité parfois. Certaines se résorberont avec le temps, compte tenu des considérables quantités d’eau introduites dans l’église lors de la pose des badigeons, et des faibles capacités d’aération. Quelqu’un a lancé cette boutade qu’il aurait fallu poser du « plaquo » s’il on avait voulu un rendu parfait !

 

Revenons au « ciel ».

Le badigeon bleu est donc une création réalisée par l’entreprise Geoffray, à partir de magnifiques poudres colorées. Ce procédé impose une mise en œuvre délicate : le bleu a été étalé sur le plafond en réservant l’emplacement des étoiles ! Travail énorme, puisqu’il a fallu faire des contours soignés, autour de tracés prédéfinis très soigneusement : vous ne remarquerez aucun effet de quadrillages ni même d’alignement des étoiles, qui ne sont donc pas posées par-dessus le bleu, mais directement sur le support, et à la feuille d’or. Elles sont de tailles variables pour l’effet de profondeur, et très nombreuses. Abel les a comptées : faites votre propre comptage, et comparez ! (petite coquetterie des peintres : une étoile a été volontairement placée de manière à être invisible du sol !).

 

Le travail de menuiserie est lui aussi remarquable, tant sur les boiseries murales (lesquelles ont été remplacées par du neuf, lesquelles ont été seulement reprises ?) que sur les bancs, la chaire, le confessionnal, etc., malgré des essences de bois très variées, et mélangées. « Un beau chantier pour mes gars, intéressant » dixit le menuisier.

Accessoirement, le maintien de ces boiseries devrait préserver l’excellente acoustique de notre église (contrairement à une idée répandue, il est plutôt rare qu’une église dispose d’une telle acoustique ; des musiciens de l’Opéra de Lyon ont par exemple salué spontanément cette qualité particulière de l’église de Vauxrenard ; et on raconte à l'envie que Philippe Fournier, en concert à Vauxrenard avec son Orchestre Symphonique Lyonnais - ex-Orchestre de Chambre Lyonnais -, y a envisagé l'enregistrement d'un de leurs disques). Les curieux et les gourmands ont pu vériier ces belles qualités et vivre un moment rare le 10 juin 2005, avec l'excellent salon de Musique : détails ici ! Prochain rendez-vous spectacle le 2 décembre, autour du Tigre Bleu de l'Euphrate.

Le Salon de Musique

 

L’éclairage enfin est une belle réussite, par un accord subtil entre les teintes des murs et voûtes, et l’emplacement et la qualité des sources de lumière.

Ceci en éclairage artificiel, qui ne doit pas faire oublier en lumière du jour le changement d’ambiance, magnifique au lever du soleil, grâce à la réouverture de l’oculus. Oculus visible depuis le porche d’entrée… ou presque, masqué au fond par le faux arc XIXème à l’entrée du chœur…

 

Les sols, pierre ou terre cuite, ont été repris quand nécessaire. Et ensuite nettoyés, essentiellement par de courageux paroissiens (bienveillante neige, qui empêchant la taille dans les vignes libère des bras !).

Ce travail au sol a révélé une pierre tombale datée 1600 (près du mur sud du chœur, sous la « litre funéraire » et l’écusson dégagés des enduits), et une mystérieuse dalle ovale du côté nord. Nous avons convenu ensemble de ne pas camoufler ces curiosités, et donc de se passer de chauffage au sol dans le chœur, avec le « secret » espoir d’une visite un jour d’un érudit qui saurait nous révéler la signification de cette forme à cet endroit-là, pour par exemple l’avoir vu ailleurs, dans un contexte plus éclairant…

Vous l'aurez compris,

Une visite s'impose !

des photos du chantier en cliquant ici

Jean-Luc Prothet-Demoux, responsable "Bâtiments"


Cliquer ici pour lire la vision du chantier par Abel Canard, représentant les Paroissiens (texte tiré du bulletin municipal)


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visite de chantier : architectes, artisans, élus..., et le prêtre, casque-moto à la main

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