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L’ é g l i s e   e n   c h a n t i e r : l e s  v i t r a u x

exposition des vitraux

Rappel : le Premier Prix du Patrimoine du département du Rhône a été décerné
à Vauxrenard pour la qualité de la rénovation de son église.
Dernière phase : les vitraux (des photos de la pose ici).

    Les discussions, les interrogations, faites à soi et aux autres, ont commencé pendant le chantier de la rénovation intérieure.

un ancien vitrail

        La nécessité de mener rapidement, quoique sans précipitation, une réflexion sur le remplacement des vitraux a frappé tout le monde dès la pose des enduits intérieurs : les vitraux existants, de médiocre facture, et très abîmés, faisaient "tache" dans le décor tout neuf de l'église.

    Les bandes collantes oranges qui colmatent les trous soulignaient l'incongruité de ces baies très mal habillées. 

Dire aux générations futures, comment nous avons, au XXIème siècle, aimé cette église 

    Reproduire les baies losangées, à l'identique ? Le souhait, exprimé avec constance et insistance, était de signer modestement notre passage dans cette église née au XIème siècle, remaniée au XIXème, et rénovée au XXème dans les techniques anciennes. Cette signature début XXIème pourrait donc être tout ou partie de création contemporaine dans la gestion de la lumière qui traverse ces grandes baies...

    L'Architecte des Bâtiments de France a souligné la nécessaire sobriété du projet dans le contexte d'un décor intérieur fourni.

    Puis, Régis Vermorel, son représentant spécialisé, expliquera la pertinence d'une attentioin aux dominantes chaudes ou froides, de manière à équilibrer la nature de la lumière se déversant dans l'église. Il précise que sa mission portera sur la forme, pas sur le contenu.

Des perspectives renouvelées par une technique toute nouvelle, sans plomb

    C'est alors que le Conseil Municipal, après avoir défini un budget, et s'être assuré le concours financier du Département du Rhône (à hauteur d'environ 60%), décide la consultation de maîtres-verriers. Des contacts sont pris,  le choix est difficile, plusieurs réunions et rencontres ont été nécessaires. Rachid Ben Lahoucine, de l'atelier Ombres et Lumièresemportera finalement l'adhésion, par ses compétences techniques atypiques (assemblages sans plomb, pour une gestion inédte de la lumière) et son parcours en pleine ascension, reconnu par les Monuments Historiques au point de lui confier par exemple la rénovation de vitraux de la cathédrale d'Autun.

Une trentaine de personnes se réunissent une douzaine de fois en quelques mois

    Il faut maintenant travailler sur le contenu. C'est l'actualité de ce chantier lors de l'été 2006. Entre vingt et trente personnes se réunissent neuf fois autour d'Abel Canard, représentant les paroissiens. Ils rencontrent l'artiste, lui présentent une synthèse de leurs réflexions, prennent connaissance de sa démarche artistique : rendez-vous pour les premières esquisses après les vendanges. 

L'exposition (autres photos ici) de grandes maquettes sur verre, dans l'église, puis devant les fenêtres de la bibliothèque pour apprécier le rendu lumineux de ces couleurs assemblées sans les frontières noires des plombs, étonne, enchante, interroge, suscite quantité d'enthousiasmes et de commentaires, foisonnants.

la vigne la joie l'Homme debout

        L'engagement des participants est tel que la  difficulté au terme de débats denses, passionnés, inquiets, sera d'arrêter des choix... 

        Par bonheur, TOUS sont  sur le même chemin, à la recherche du meilleur angle de vue sur ce (de l'avis quasi unanime) très beau paysage. Sur ce chemin, il faudra bien s'arrêter un jour. Bien sûr, ce jour-là, certains auront aimés faire deux pas de plus, d'autres deux pas de moins...

Maintenant, il faut se décider, et faire confiance à l'artiste, qui s'est imprégné de l'ambiance varnaudis

        La passion des débats réclamait parfois des remises en perspective : 

"J'ai plusieurs fois entendu des regrets sur un déficit ressenti quant à la force du message de foi. Je comprends bien le désir de perfection à ce stade de notre réflexion commune, mais je fais remarquer aussi que le contenu spirituel, intellectuel, est déjà en l'état bien plus fort que les losanges... (et bien plus fort que dans bien des vitraux d'autres églises...)."

"Quelques uns redoutent que d'AUTRES ne saisissent pas bien les "messages" sous-jacents aux oeuvres. Faisons davantage confiance à "notre prochain", et ne craignons pas d'apporter, par notre conversation sur place, des pistes (c'est une constante pour une bonne lecture des vitraux de toute époque - et pour l'art en général)."

"Nous avons des idées précises en tête ; inconsciemment, nous voudrions tous être dessinateur. Laissons plutôt travailler l'artiste, préservons la liberté de l'artiste, gage de réussitte du projet, et gage de cohérence de l'ensemble final". 


les anneaux le puits de la Samaritaine les Noces de Cana

Non plus seulement sauvegarder du Patrimoine, mais créer du Patrimoine !

Nos vitraux n'ont pas à être plus "clairs", plus "lisibles" que ceux du Moyen-Âge ou du XIXème siècle, au rique de perdre toute universalité. Quelles seront les grilles de lecture dans 50 ans ? 100 ans ? 2 siècles... 

A ceux-là, nos descendants, il faut leur dire que nous espérons leur adhésion, leur amour de ces vitraux - installés en leurs emplacements définitifs au début de 2007 -. Mais que, les moments d'angoisse presqu'oubliés, nous nous souviendrons des moments exaltants, de rencontres, de découvertes de certains aspects de la personnalités de certains de nos voisins dans notre petit village. Et c'est là aussi une réussite de ce projet.

Ainsi que nous l'avons découvert, nous avons cette fois créé du Patrimoine !  Il appartiendra à nos successeurs de le préserver... et de continuer à en créer.


Jean-Luc Prothet, adjoint au Maire, responsable du projet au nom de la Municipalité de Vauxrenard

www.vauxrenard.fr
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